mardi 12 avril 2011

Un enfant de l'amour


James Reid est un jeune homme romantique dont le principal défaut est d'avoir trop rêvé sa vie avant qu'elle ne commence véritablement Durant l'été 1939, il embarque pour l'Inde avec son régiment et, lors d'une escale au Cap, croit trouver en Daphné, jeune femme mariée, le grand amour qu'il attendait. À la fin de la guerre, il apprend que de cette liaison passionnée est né un enfant qui ne se sait pas illégitime. James va alors tout entreprendre pour rencontrer son fils...
« L'amour fait une courte mais sublime escale en pleine guerre. » Le figaro
Il y a peu, j’avais tenté une première rencontre avec L’auteur, qui n’avait pas abouti. Peut-être l’œuvre n’était pas assez accessible, ou le sujet inapproprié au moment ? L’écriture, cependant ne m’avait pas laissée indifférente ; je remettais donc à plus tard une autre rencontre, avec un autre livre.Cette fois sera la bonne.
Un enfant de l’amour, est le livre de la désillusion d’un homme qui rêve sa vie, mais ne la vit pas. Un homme qui jeune rêve à la femme de sa vie, qui part à la guerre, mais qui ne la fera pas. Un homme qui vivra un amour intense, et fugace, mais…..Un homme qui se découvrira père, mais…Un homme qui fera sa vie, mais…Un homme qui partira à la recherche de son passé, mais…
J’ai bien aimé l’écriture de Doris Lessing, un peu moins la compacité du texte, sans chapitres et presque sans paragraphe. Cela peut parfois donner la sensation d’y perdre son souffle, alors que, paradoxalement le déroulement est assez lent. L’auteur semble s’être longuement attardée sur la difficile condition des soldats, même quand ils ne combattent pas, et peu sur cet enfant, et ce désir de reconnaître une paternité comme pour mieux accentuer sur la désillusion prévisible.
« Vous voyez, articula t-il, je ne vis pas ma vie. Ce n’est pas ma vraie vie. Je ne devrais pas vivre comme je le fais. »
« Savoir qu’on vit une vie mensongère, qu’on ne vit pas sa vie, c’est une chose horrible. »
Quand l’occasion se présentera, j’irai à nouveau à la rencontre de Doris Lessing.
Doris Lessing-Flammarion/J'ai lu n°8721-190 pages
Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance au Zimbabwe. Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé aux idées libérales. Prix Nobel de Littérature en 2007, elle est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels le célèbre Carnet d'or (Prix Médicis étranger), mais aussi Mémoires d'une survivante. Flammarion a notamment publié Le Rêve le plus doux (2004), Les Grand-mères (2005), Un enfant de l'amour (2007), et Alfred et Emily (2008).
Challenge des Nobel n°8

dimanche 10 avril 2011

Les passerelles célestes


Au crépuscule de sa vie, Ndali, une métisse dont les origines mystérieuses ont longtemps alimenté les chroniques de sa contrée, doit transmettre son héritage spirituel à sa descendance. En leur livrant l'histoire de sa vie teintée de rejet et de doutes, la doyenne leur dévoile son rôle de combattante dans une dimension occulte afin de maintenir les équilibres qui régissent l'Univers.
Un voyage au cœur des croyances ancestrales d’un peuple ancré dans l'absolue nécessité de préserver son identité culturelle et une mise en lumière de la place de la femme camerounaise dans les sociétés patriarcales de 1890 à nos jours.
Des profondeurs de l'inconscient, explorant le mysticisme qui préexiste à toute société, jusqu'aux réalités de la diaspora, un récit envoûtant, fidèle à la tradition orale africaine.
Je remercie les éditions Kyklos qui m’ont permis de lire Marie Gisèle Nkom dont c’est le premier roman.
Je ne garderai pas un souvenir mémorable de cette histoire.
Non pas parce qu’elle est mal écrite, bien au contraire ; l’écriture est alerte, rythmée, facile à ingérer. Ce livre se lit presque comme un rien.
Non pas que le livre soit mal construit : bien que la narration se fasse à plusieurs étages, sur plusieurs générations, sur plusieurs lieux, avec plusieurs personnages, je m’y suis assez vite bien retrouvée dans ce désordre finalement assez ordonné.
Non pas que l’histoire en elle-même me repousse : j’aime beaucoup ses histoires de famille, ces histoires sur plusieurs générations, ces lignées que l’on suit dans le temps et l’espace.
Ce que je n’ai pas aimé c’est justement cette culture qui m’est si étrangère, si inaccessible, à moi qui suis si cartésienne et qui ait tant besoin de rationalité, et de clarté. Les esprits, les marabouts, les croyances plus incroyables les unes que les autres me laissent définitivement sur le bas-côté de la route, et il m’est impossible de prendre le transport en marche… impossible. C’est un roman « africain », sans aucun doute…trop africain pour moi. J’ai moyennement apprécié la satire à peine voilée de « l’homme blanc » Est-ce une manière de pour l’auteur de régler un compte avec ce dernier ?L'Histoire est ce qu’elle est, on y peut rien, il faut faire avec, d’un coté comme de l’autre.
J’ai très peu apprécié, les passages situés en banlieue parisienne, au cours desquels l’auteur met en lumière la disposa africaine avec ses dérives présentées comme une fatalité. Tout cela m’échappe un peu. Je dirais que ces passages là n’ont pas un intérêt capital…
Je me permets de relever 2 coquilles sur le plan imprimerie : la présence double des pages105 et 106, et, une faute grammaticale importante page 303 « Enfin Mballa vint le chercher pour l’emmener à l’établissement pénitentiaire ou Kaira se trouvait en détention préventive. » il fallait, je suppose lire « où » A deux reprises, j’ai repéré ce genre de coquilles dans les parutions Kyklos (Le fleuve et le sablier, et vingt ans l’an quarante), mais je n’ai pas relevé…Cette fois, je le fais pour les prochaines éditions…
Marie Gisèle Nkom-kyklos-342 pages
Née en 1971, dans une petite ville du Cameroun (Afrique Centrale), l'enfance de Marie Gisèle Nkom est marquée par une odyssée culturelle dont raffole sa famille, notamment la littérature, si bien que lorsqu'elle est en âge de lire, encouragée par son oncle, étudiant à l’université, elle ne déroge pas à la règle.
A son entrée au collège, Marie Gisèle est remarquée par son professeur de français ; celui-ci l'encourage à participer à la création du journal du collège et la convainc de suivre des cours de théâtre. En 1987, elle intègre l’équipe de basket-ball du lycée, discipline qu'elle pratiquera jusqu’à son entrée à l’université. En 1991, après avoir obtenu son baccalauréat, Marie Gisèle s'inscrit à l’université en lettres modernes françaises. Après sa licence obtenue en 1994, elle enseigne l’histoire du Cameroun dans un collège et, parallèlement, rejoint une association d’anciens étudiants bénévoles dont le but est de se rendre dans les villages pour apprendre à lire et à écrire aux enfants qui n’ont pas les moyens d’être scolarisés. En 1996, elle est recrutée par la communauté Urbaine au Cameroun comme agent administratif mais le besoin de reprendre ses études se fait ressentir. Marie Gisèle parvient à s'inscrire à Lyon 2 où elle obtient une Maîtrise de littérature Française en 2001. L’année suivante, elle commence un DEA mais des obligations familiales l'amènent à interrompre ses études.
Loin de cette terre d’Afrique qui l'a vue naître et fusionnant avec la civilisation française qui l’a accueillie, Marie Gisèle revêt une double casquette culturelle. Ce métissage, auréolé par la mémoire de ses racines, les traditions africaines et les souvenirs du ciel d’Afrique, alterne avec son quotidien européen, ce qui conduit cette célibataire, mère de deux enfants, à reprendre la plume pour y parler de sa solitude, de ses origines, mais aussi de son intégration dans son premier roman : Les passerelles célestes.

mercredi 6 avril 2011

Le challenge irlandais


Avec Val, un nouveau Challenge pointe à l'horizon: Direction l'Irlande.

Pour la première organisation de challenge, on fait simple, pas de barrière, pas de limite trop courte pour être réalisable, vous lisez ce qui vous tente, en accord avec le thème de la littérature irlandaise, le nombre de romans que vous voulez.
Ce qui serait intéressant, c'est de voir la culture de ce pays sous différentes formes. Pour cela, je propose:
- un ouvrage d'un des grands auteurs faisant le patrimoine de la littérature classique de ce pays.
- un ouvrage écrit au XXIe siècle, pour découvrir la littérature actuelle.
En faisant un bref voyage en librairie, je me suis rendue compte que le choix était très vaste, bien plus que l'on ne peut l'imaginer.
Pour compléter cela, je me disais qu'il serait intéressant de piocher dans les voyages cinématographiques sur l'île d'Irlande en donc nous pouvons y ajouter au moins:
-un film dont l'intrigue se déroule en Irlande (en y joignant si possible la bande-annonce)
Mais aussi, découvrir sa richesse musicale, en parlant:
- d'un groupe, un CD, un titre, une musique folkorique (lien musical à l'appui) nous poussant au pub boire une bonne pinte!

-la lecture d'un autre roman de votre choix catégorie "Thriller-policier ou polar", toujours écrit par un auteur irlandais...
Cette mission, est donnée pour un délai d'un an, à compter de maintenant, jusqu'à la fin avril 2012!


1. Colum McCann, Les saisons de la nuit   (auteur irlandais contemporain)
2. Claire Keegan, Les trois lumières (auteur irlandaise contemporain)
3.Oscar Wilde, De profundis ( auteur classique )
4.Gene Kerrigan, A la petite semaine ( policier)



Les tendres plaintes


Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru. Ecrites en 1996, "Les Tendres Plaintes" contiennent tous les éléments révélateurs de la personnalité littéraire de Yoko Ogawa. Le regard porté sur la nature, sur ses sonorités, l'intensité de ses nuits, l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives donnent à cette histoire une étrange résonance : celle qui prend source au cœur de l'inconscient.
Voilà le parfait exemple de livre à ambiance qui ne se lit pas goulument, mais qui au contraire mérite que l’on prenne son temps pour s’imprégner du cadre naturel, et isolé des lieux.
Nous sommes quasiment dans un huis clos entre 3 personnages, et un clavecin, personnage à lui tout seul également.
Cela doit être un trait de la littérature japonaise que de faire appel aux sens. La sensualité, le caractère palpable des choses transpirent de l’écriture de Yoko Ogawa.
L’atmosphère y est très musicale, et il s’en faudrait peu pour que les tendres plaintes de Rameau raisonnent en même temps que la lecture. Les mélomanes connaissent bien la sonorité si particulière du clavecin, instrument baroque par excellence, et qui colle parfaitement à l’atmosphère de ce roman.
Difficile de parler autrement que par petites touches d’un livre dont l’action n’est pas l’objet, d’un livre qui se goûte, qui s’écoute, plus qu’il ne se lit.
Je suivrai avec attention cet auteur, dont le premier contact m’a agréablement surprise.
Yoko Ogawa-Actes Sud-240 pages
Yoko Ogawa est née en 1962. Elle vit au, japon et se consacre à l'écriture. Elle a obtenu de nombreux prix littéraires dont le prestigieux Akutagawa pour "La Grossesse" (Actes Sud. 1997). Tous les livres de Yoko Ogawa sont publiés aux éditions Actes Sud.
Pour prolonger, écouter les tendres plaintes

jeudi 31 mars 2011

Le septième fils


Les soirées sont longues à Isafoldur, la capitale des fjords de l'ouest de l'Islande, quand on est chargé de traquer le scoop par un rédacteur en chef avide de sensationnel, et qu'on rêve de retrouver sa nouvelle petite amie laissée à Reykjavik. Et puis on découvre que les bars des hôtels abritent des célébrités intéressantes, une séduisante vedette du football national et son copain d'enfance qui le suit comme son ombre et profite de ses conquêtes, une chanteuse pop qui a failli gagner le titre de Nouvelle Star, un brillant avocat d'affaires, les groupies respectives de ces gens importants, et des groupes d'adolescents en révolte. Des maisons brûlent, des tombes sont profanées, des touristes lituaniens sont volés et soupçonnés de trafic de drogue, tout s'emballe... Einar, le correspondant du Journal du soir, mène l'enquête avec son air désabusé, sa nonchalance et une ironie qui lui permettent d'apprivoiser les témoins et de porter un regard sans préjugés sur les événements.
Ayant déjà eu l’occasion de lire son compatriote Indridason, j’étais déjà de fait familiarisée avec l’ambiance si particulière de la littérature policière Islandaise. Elle est à l’image des lieux, brouillardeuse, dépouillée, minérale, avec des personnages un peu cafardeux comme la météo locale. L’action y donc ralentie, comme le froid et peut ralentir, voir parfois mettre en hibernation tout un tas de personnages.
En effet, dans ce troisième roman d’Arni Thorarinsson, l’action se déroule sur 26 jours, autant de chapitres, plus un petit dernier, qui lui se passe quelques jours plus tard…..Chaque chapitre a pour intitulé le nom du jour. On pourrait presque penser à un journal.
Et de journal, il sera beaucoup question dans ce livre, puisque notre personnage principal, justement, est journaliste dans la presse écrite.
Il mène donc l’enquête sur une ile bien petite, où tout le monde se connaît. Cependant, bien plus qu’une enquête, l’auteur nous offre, sous cette forme, un tableau sociologique d’un pays que l’on devine en plein chamboulement. L’Islande, qui longtemps est resté un peu à l’écart des autres pays européens, en gardant un attachement fort avec ses traditions…Mais, les temps changent, le pays aussi, et il se voit confronté avec tous les aléas de la mondialisation. Et ce sont ces aléas, ses travers, et ses perversions qui émanent de tous ces faits divers et tragiques qu’Einar, notre journaliste, qu’on imagine assez mal dans sa peau, avec ses soucis et ses démons, va tenter de d’élucider, à son rythme, au rythme de l’Islande et de ses caprices météo (pas de volcans fumeux ici…).Le suspense est assez bien tenu, par la multiplicité des évènements, des lieux, des pistes. Et puis, il y a le mystère du titre, qui ne s’éclaircira qu’assez tard dans l’enquête, ce qui intrigue le lecteur, et l’entraine au fil des pages.
Nous croiserons une multitude de personnages, ayant tous un prénom improbable, assorti comme c’est la coutume dans le pays d’un surnom tout aussi improbable, qui se révèlent être une photographie de la société islandaise en mutation.
Le rythme de l’écriture, ne m’a pas gênée outre-mesure, pas plus que la linguistique qui peut en rebuter plus d’un lecteur. J’ai l’âme voyageuse, et m’adapte facilement à ce goût de l’ailleurs.
J’ai beaucoup apprécié ce livre, ce voyage au pays des geysers, et de la grisaille, et de fait, je ne compte pas m’en éloigner très longtemps.
Arni Thorarinsson-Métalié (septembre 2010)-380 pages
Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavík où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l’université de Norwich en Angleterre, il devient journaliste dans différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavík de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.
Lu dans le cadre du défi scandinave noir, en Islande proposé par Prune

mardi 29 mars 2011

Grand amour


À la suite d'une déception amoureuse, Agnès, traductrice de romans sentimentaux, quitte Paris sur un coup de tête. Direction l'Auvergne où se trouve l'homme de ses rêves, le demi de mêlée de l'équipe d'Aurillac qu'elle a vu nu dans un calendrier...Après le très remarqué Actrice en 2005, Stéphane Carlier signe une comédie remuante, élégante et sexy. Hommage décomplexé à la littérature sentimentale façon Barbara Cartland, Grand Amour est à la fois d'un romantisme éperdu et d'une irrésistible drôlerie.
Je remercie chaleureusement les éditions du Cherche midi pour ce cadeau surprise. Une surprise à double titre : je ne m’attendais pas à un cadeau de leur part, et une fois le cadeau annoncé, je n’en connaissais pas la nature. Et c’est là que la surprise fut la plus déroutante….
En effet je ne lis jamais ce genre de littérature, une affaire d’éducation, des ambitions culturelles quelque peu différentes, et surtout par manque de goût pour la chose.
Pour être honnête j’ai abordé ce roman avec beaucoup de réticences, argumentées par une couverture d’un rose qui me laissait craindre un peu le pire : j’espère qu’il ne s’agit pas d’un roman à l’eau de rose pour midinette… me suis-je dis.
C’est un livre qui se lit très vite, les chapitres sont aérés, et d’une longueur moyenne. Cela fait un peu mieux passer le contenu, et le sujet qui m’ont paru plus que superficiels, et en tout cas, sans grand intérêt.
Le niveau de langage est à l’avenant, c'est-à-dire simple, dans un registre assez populaire, voir parfois un peu populeux par endroit, mais cela reste suffisamment épisodique pour ne pas en compromettre la lecture.
Ce fut une expérience, que j’ai gardée pour un après-midi au soleil tout en gardant un œil ouvert sur l’horizon. Elle n’a pas duré trop longtemps, et c’était ce qu’il fallait : les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.
Voilà un genre de « littérature » qui peut convenir à certaines, ou certains, mais qui en tout cas ne comble pas mes attentes en la matière. Tout le monde ne peut pas aimer la même chose, et heureusement, d’ailleurs.
Stéphane Carlier-Le cherche midi (14 avril 2011)-222 pages

Virginia


Nous sommes en 1943, et les bruits de la guerre n'épargnent pas même cette grande demeure bourgeoise construite au bord de la mer du Nord. Ses propriétaires, un couple sans enfants, accueillent leur jeune neveu de quatorze ans, mais aussi la fille adolescente de la couturière de Madame, pour la mettre à l'abri des bombardements qui menacent Copenhague. Lorsqu'un avion s'écrase non loin de là dans les dunes, un drame silencieux va se nouer entre les deux adolescents et un pilote britannique... Ce récit dépouillé et émouvant sur le thème de l'innocence perdue marque sans doute un tournant dans l'écriture de Jens Christian Grondahl, dont le talent s'affirme de livre en livre.
Il sera difficile de faire un commentaire de ce petit roman sans dévoiler quoi que ce soit de l’intrigue.
Il est le 3ème opus traduit en français de cet auteur que j’ai découvert très récemment lors d’une présentation d’un de ses derniers livres (auteur danois, parfaitement francophone), mais dont je n’avais encore jamais rien lu.
En l’espace de peu de pages, l’auteur a réussi à me plonger complètement dans cette histoire, émouvante, pleine de non dit.
Deux adolescents qui font connaissance pendant la seconde guerre mondiale. C’est une histoire pleine de sensibilité, d’humanité, qui se lit d’une traite, et, qui au fond, plutôt que se raconter, se lit, et laisse un petit quelque chose derrière soi qui appelle à retrouver son auteur pour d’autres histoires. Il suffit se laisser emporter par ces deux jeunes gens dans la campagne danoise, au bord de la mer du nord……
Jens Christian Grondahl-Gallimard-111 pages

Danois né à Copenhague en1959
Après des études de philosophie, Jens Christian Grøndahl se dirige vers une formation de réalisateur à l'École danoise du cinéma.
Auteur de nouvelles, d'essais et de pièces de théâtre, il a publié depuis 1985 une dizaine de romans. Silence en octobre, son premier livre publié en français, paraît en 1999, suivi de Bruit du cœur (2002), Virginia(2004), et de Sous un autre jour en 2005.
Lu dans le cadre du défi scandinave en blanc, au Danemark proposé par Prune

lundi 28 mars 2011

Le voyage de Sparte


Le voyage en Grèce, au tournant du XIXe siècle, est une figure obligée dans un parcours de lettré : un écrivain digne de ce nom doit aller se dorer au soleil de l'Attique et faire son pèlerinage aux sources de la civilisation classique. Aussi est-ce avec le sentiment d'accomplir son devoir que Maurice Barrès débarque à Athènes en avril 1900. Le Voyage de Sparte est le fruit littéraire de ce périple. Il se présente comme une balade initiatique, une odyssée éperonnée par une quête : celle de l'âme grecque. L'écrivain la cherche à Athènes, mais la beauté froide et morte de l'Acropole le laisse insensible. Après une errance dans le Péloponnèse, c'est à Sparte, entre les montagnes du Taygète et le fleuve Eurotas, dans cette plaine riante où souffle l'esprit, qu'elle se révèle enfin à lui. Ce texte, qui permet de mieux comprendre l'ascendant que ce styliste hors pair exerça sur toute une génération en quête de ferveurs extrêmes, mérite aujourd'hui de retrouver sa place dans les bibliothèques et les esprits.
Je ne connaissais de Maurice Barrès que l’expression La colline inspirée faisant allusion à la colline de Sion, haut lieu spirituel bien connu des lorrains.
L’occasion de lire Maurice Barrès me fut donnée par les éditions François Bourin et Bob, qu’ils en soient vivement remerciés.
Ce qui frappe d’emblée à la lecture, c’est un style grandiloquent, lyrique qui très vite m’a étouffée. J’ai trouvé cela désuet, terriblement lointain, et périmé, comme dépassé.
Barrès, dans un premier chapitre, évoque longuement Louis Ménard, écrivain et poète, helléniste…J’insiste sur l’adverbe longuement, car ces 18 premières pages ont littéralement plombé ma lecture et campé mon impression générale de lourdeur et de manque de clarté.
J’ai beaucoup peiné à lire, et, j’ai plus butiné que lu pour parvenir au terme du livre.
Si la Grèce a déçu Maurice Barrès, son voyage littéraire m’a déçue tout autant. Je ne parviens pas à définir exactement les attentes à propos de ce livre, mais d’instinct, je peux affirmer qu’il n’y a pas répondu.
« Il est trop certain que la vie n'a pas de but et que l'homme pourtant a besoin de poursuivre un rêve. »
Maurice Barrès-François Bourin-199 pages
Né à Charmes (Vosges), le 17 août 1862.
Après des études de droit à Paris, Maurice Barrès connaît à 26 ans un succès précoce avec le premier tome de sa trilogie 'Le Culte du moi'. Habitué des cénacles littéraires, il confirme son talent avec la suite de son premier opus avec 'Un homme libre' en 1889, et 'Le jardin de Bérénice' en 1891. Il se lance alors dans la politique : sa volonté d'anticonformisme et son esprit de rébellion le poussent à devenir boulangiste, et il est élu député de Nancy en 1889. Il s'impose ensuite comme chef de file des antidreyfusards, et s'oriente vers un nationalisme traditionaliste. En 1894, il fonde son propre journal, La Cocarde, et sera élu chef de la 'tribu des bourreurs de crâne' pendant la première guerre mondiale. Fondateur de la Ligue de la Patrie française en 1898, il ne cache pas dans ses textes ses penchants antisémites et xénophobes. Nommé député de Paris en 1906 - il le restera jusqu'à la fin de ses jours - il entre à l'Académie française la même année, et succède à Paul Déroulède à la tête de la Ligue des patriotes en 1914. Adversaire de Jaurès et des pacifistes lors de la première guerre, il voit en 1920 son projet visant à instituer une fête nationale pour Jeanne d'Arc adopté par la Chambre des députés. A sa mort en 1923, Maurice Barrès laisse inachevé le manuscrit 'Le mystère en pleine lumière'.

dimanche 27 mars 2011

Défis scandinaves en noir et blanc
















Nouveau défi, nouveau voyage......Prune nous propose la Scandinavie:

*Danemark
*Finlande
*Islande
*Norvège
*Suède

Il s'agit de passer par les 5 pays en lisant du roman, et/ou du polar,et ce jusqu'au 31 décembre 2011

Catégorie Ourson : lire au moins un roman de chacun des 5 pays scandinaves (soit un minimum de 5 romans).

Catégorie Flocon : lire au moins un roman de chacun des 5 pays scandinaves et approfondir sa connaissance d’un des pays en lisant au moins trois auteurs différents du même pays (soit un minimum de 7 romans).

Catégorie Étoile des neiges : lire au moins un roman de chacun des 5 pays scandinaves, approfondir sa connaissance d’un des pays en lisant au moins trois auteurs différents du même pays, et approfondir sa connaissance d’un des auteurs en lisant au moins 3 de ses romans (soit un minimum de 9 romans).










J'ai choisi de panacher Scandinavie noire, et Scandinavie blanche, dans la catégorie étoile des neige, soit un pays pour le quel il y aura 3 livres, et un auteur pour lequel il y aura 3 ouvrages, soit 9 livres.

Virginia,Jens Christian Grondahl
La ferme africaine, Karen Blixen





Donne-moi tes yeux, Torsten Pettersson




Le livre de Dina, Herbjorg Wassmo
Cent ans, Herbjorg Wassmo


Le septième fils,Arni Thorarinsson
Le moindre des mondes, Sjon
Hypothermie, Arnaldur Indridason



Le sang des pierres, Johan Theorin
L'heure trouble, Johan Theorin                           
    L'écho des morts, Johan Theorin 
Hiver, Mons Kallentoft                                                                                                                      

samedi 26 mars 2011

Le livre des choses perdues


Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...
Une jolie couverture, un titre intrigant, des avis enjoués m’ont fait acquérir il y a un an. Il a attendu patiemment son tour .Je l’ai ouvert, commencé…refermé pour lire autre chose, puis encore autre chose. Trois semaines sont passés, je l’ai repris, lu une trentaine de pages…
Mais, la rencontre ne se fait pas, je ne rentre pas dans l’histoire, je n’accroche pas, je n’ai de cesse de le refermer, et de faire autre chose.
Ce livre n’est pas pour moi, j’y ai cru, mais cela n’a pas marché.
John Connolly-l'Archipel-347 pages
Né à Dublin en 1968
Après avoir quitté le lycée en 1985, John Connolly travaille pour un journal local de la ville, puis entreprend des études d'anglais et de journalisme à l'université de Dublin. Plus tard, il écrit pour le 'Sunday Tribune' et le 'Sunday Press', puis à plein temps pour 'l' Irish Times'. John Connolly se consacre désormais à ses romans. 'Tout ce qui meurt', son premier livre, a tout de suite été salué par la critique. Cet Irlandais de naissance est désormais considéré par les Américains comme l'un des maîtres du roman noir... à l'américaine.
Challenge ABC/Babélio :16/26 [C]
Challenge 26 libres/26 auteurs :9/26 [C]

Dark tiger


II y a sept ans, Stoney Calhoun s'est réveillé dans un hôpital de vétérans, privé de mémoire et de passé mais doté de talents inattendus. Depuis, il s'efforce de mener une vie normale, partagée entre la boutique de pêche dont il s'occupe avec la sublime Kate Balaban, son chien Ralph, et sa cabane perdue dans les bois. Lorsque l'Homme au Costume, qui vient régulièrement s'assurer qu'il n'a pas retrouvé ses souvenirs, commence à mettre en danger sa nouvelle existence, Calhoun est contraint d'enquêter sur le meurtre d'un agent gouvernemental retrouvé mort au nord de l'Etat. II doit alors prendre la place d'un guide de pêche à Loon Lake Lodge, un luxueux hôtel situé en plein coeur des espaces sauvages du Maine. Les paysages crépusculaires du Nord-Est des Etats-Unis servent de décor à cet ultime volet des aventures de Stoney Calhoun. Après Dérive sanglante et Casco Bay, nous retrouvons ce sympathique bourru dans sa plus dangereuse enquête.
Pour la troisième et dernière fois hélas puisque que William Tapply nous a quitté emmenant avec lui sa canne à pêche et Calhoun l’atypique vers d’autres cieux, l’auteur transporte son lecteur vers les superbes paysages du Maine.
Tout y est serein, posé, sans effusions, sans descriptions à donner la nausée, ni ostentation. Tapply utilise une langue élaborée pleine de finesse, et de beauté dans la description des lieux et des gens. C’est un régal à lire.
Calhoun ne cause pas, ne frime pas, il écoute, regarde, observe, réfléchit, se pose, prend le temps de vivre, de regarder la vie autour de lui, de humer l’air qui l’entoure, prend le temps d’aimer, de se faire aimer.
Que j’aimerais partir avec Calhoun au grès des lacs du Maine pour taquiner la truite, au bord de la rivière pour y débusquer le saumon, ou tout simplement pour apprendre l’art de confectionner les mouches, dont la Dark Tiger qui a donné son nom à cet ultime opus.
J’aurais voulu lui dire de fendre un peu l’armure avec Kate, de lui parler, de la rassurer…mais il n’est pas très causant, Calhoun ; je dirais qu’il est même un peu ours !! Ces deux là s’aiment, se respectent mutuellement, mais leur relation n’en est pas moins douloureuse. La psychologie de Calhoun se fait plus précise, plus étoffée dans ce roman. Au fil de son écriture, Tapply nous met en confidence, nous autorise à plus d’intimité avec lui.
J’ai tremblé pour lui quand l’hydravion s’est abîmé dans le lac.
Je suis charmée devant la complicité qu’il a avec son chien Ralph .Ces deux là ne font qu’un, n’ont pas besoin de parler pour se comprendre, et s’aimer.
Je me suis imaginée dans la forêt à deux pas d’une biche passant par là…
Et quand Kate et Calhoun se sont retrouvés, comme s’ils s’étaient quittés une heure auparavant, c'est-à-dire sans effusions, sans grandes démonstrations, j’ai esquissé un sourire en me disant » c’est Calhoun tut craché ça »
J’ai dégusté ce livre plus lentement que les autres, non pas faute de temps, ou d’autres raisons imputables au livre…..Je j’ai savouré parce que je savais qu’il n’y en a plus d’autres, et qu’il me fallait donc faire durer un peu plus le plaisir.
« Je l’ai remise à l’eau pour que quelqu’un d’autre puisse l’attraper. (..) , un gros poisson est quelque chose de trop précieux pour n’être attrapé qu’une seule fois. »
William G.Tapply- Gallmeister-251 pages
William G. Tapply est l'auteur d'une vingtaine de romans policiers dont Dérive sanglante et Casco Bay, les deux premiers volets des aventures de Stoney Calhoun, ainsi que de plusieurs livres consacrés à la pêche. Il est mort en 2009, alors que DarkTiger s'apprêtait à sortir aux Etats-Unis.


mercredi 23 mars 2011

Le moindre des mondes





"Un jour tout blanc de neige et de glace, le révérend Baldur Skuggason part à la chasse, fusil à l'épaule, fureur au ventre. Pendant ce temps, Fridrik le botaniste cloue un cercueil, celui d'Abba, handicapée de naissance. Ces trois personnages, la bête féroce, le lettré et la douce enfant vont de façon étonnante mêler leur histoire"
Baignant dans une nature austère et hostile, cette nouvelle l’est tout autant, tant dans le style sec, sans fioriture, et concis, que dans la nature des personnages.
Nous croisons un Révérend cruel parti chasser la renarde dans un décor déshumanisé, un botaniste qui est tout le contraire du Révérend. Et puis au milieu, il y cette simple d’esprit, reliée aux deux personnages précédents.
J’ai trouvé cela étrange, mais pas désagréable à lire. L’ambiance y est glaciale, sèche. Pour un écrit de petit gabarit, cela passe facilement.
J’ai pu y lire de belles descriptions, de belles évocations qui donnent envie, d’aller plus loin dans cette littérature un tantinet particulière.
« Le soleil réchauffe le corps blême de l’homme en même temps en même temps que la neige qui craque avec un bruit feutré : l’homme est l’oiseau du jour »
« Le monde entrouvre subrepticement le rideau, s’offrant au plus beau des regards. La perdrix cacabe. Les ruisseaux dégouttent lentement sous la pellicule de glace et rêvent de ce printemps où ils se feront périlleuses rivières. Des volutes de fumées s’élèvent de monticules de neige disséminées çà et là sur les flancs de la montagne-voici leurs fermes. Ici tout n’est qu’azur uniforme, sauf le scintillement des cimes. C’est l’hiver dans la vallée de Dalur. »
A lire cela, j’ai envie de préparer mon sac, et d’aller voir des mes propres yeux….pas vous ?
Sjon-Rivages-122 pages
Né en 1962 à Reykjavik, Sjón (de son vrai nom Sigurjón Birgir Sigurosson) est romancier, poète et parolier. Il a travaillé avec le groupe littéraire et culturel Medusa, le groupe punk Megacubes dont est issue Björk et avec Lars von Trier. Le moindre des mondes a reçu le prix littéraire du conseil Nordique en 2005 (plus haute distinction des pays du nord)

lundi 21 mars 2011

La nuit


Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu'en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. La Nuit est le récit de ses souvenirs : la séparation d'avec sa mère et sa petite sœur qu'il ne reverra plus jamais, le camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures... et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant. " La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983 est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j'ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d'Isaac, le thème fondateur de l'histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L'expérience de notre génération est, à l'inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l'histoire de cette expérience. "
Ce témoignage aussi court qu’il est poignant est dans la lignée de Si c’est un homme, ou du journal d’Anne Frank .Il fait parie de ce qui s’appelle les indispensables.
J’ajoute l’excellente préface de François Mauriac qui est à elle seule d’une beauté à couper le souffle.
« En quelques secondes nous avions cessé d’être des hommes »
Avec des mots simples et percutants, dans un style impeccable, avec juste assez de détails sans pour autant alourdir, Elie Wiesel réussit à raconter dix ans après l’indicible, l’incroyable, l’impensable, pour toute une génération que n’a pas connu cela. Et pourtant, ça a existé…..
Dans ces quelques pages il y a tout l’amour d’un fils pour son père, son admiration inconditionnelle, tout le respect pour l’homme de foi, toute la tendresse pour un homme qui se meurt à petit feu à côté de lui, sans qu’il fut possible de faire quoi que ce soit.
Je suis toujours éberluée de lire la passivité des déportés face au funeste destin qui les attendait. Comment ont-ils pu se laisser aller ainsi à la mort ?
Je connaissais Elie Wiesel pour l’avoir à de nombreuses reprises entendu s’exprimer sur le sujet, je connaissais l’homme de paix qui au sortir des camps s’est acharné tout au long de sa vie à défendre l’Humain, ses droits, sa dignité, où qu’il soit dans le monde. Curieusement aucun de ses livres n’était arrivé jusqu’à moi, c’est choses faite. Et c’est avec plaisir que je retrouverai au hasard d’un autre ouvrage.
Elie Wiesel-Editions de minuit-178 pages
Publié en 1958 aux Editions de Minuit, La Nuit est le premier ouvrage d'Elie Wiesel qui est, depuis, l'auteur de plus de quarante œuvres de fiction et de non-fiction. Prix Nobel de la paix en 1986, il est titulaire d'une chaire à l'université de Boston.

vendredi 18 mars 2011

Lettres d'Indochine;1893-1899


Les lettres réunies dans ce recueil ont été adressées par le lieutenant de Reinach à sa famille pendant les six années qu'il a passées en Indochine. Écrites au jour le jour, sans aucune recherche de style, elles n'étaient pas destinées à être rendu public. On y trouvera, à côté de descriptions simples, mais sincères du pays, les difficultés de la vie coloniale où l'officier et l'administrateur doivent, de leur propre initiative, suppléer à l'insuffisance des moyens dont ils disposent. On y verra le lieutenant de Reinach faisant, tour à tour, œuvre de militaire, d'explorateur, de juge, d'ingénieur, voire même de vaccinateur.
Il ressort de cette lecture beaucoup de calme, et de sérénité. Je lui ai trouvée un charme un peu désuet, la correspondance n’étant plus de nos jour un genre usuel, accentué par l’époque qui nous parait tellement lointaine, et le cadre qui semble sorti tout droit d’une carte postale aux couleurs passées par le temps.
Un jeune officier part prendre ses fonctions dans la lointaine Indochine de la fin du 19 ème siècle. Il n’y a point de conflit ; il s’agit juste d’assurer la présence administrative de la métropole dans cette terre du sud –est asiatique.
Cette correspondance est incomplète, et se divise den trois parties inégales. La première met le lecteur en appétit avec l’évocation du voyage qui mènera l’officier à bon port. Ce qui frappe dès le départ, c’est la relation particulière au temps. Le voyage prend du temps, un temps fou, inconcevable pour le voyageur d’aujourd’hui qui veut aller de plus en plus vite. La marine est à vapeur, les escales sont longues avant d’arriver en Asie. Mais c’est sans compter sur l’hydrographie locale, les conditions géographiques, et les moyens mis à disposition.
Dans un second temps, note officier restera en poste assez peu de temps au Tonkin, où sa mission est assez mal définie. Il passera beaucoup de temps en déplacement, profitant ainsi pour nous donner une description du pays qui parait à jamais rentrée dans les livres d’histoire.
La majeure partie de son temps sera consacrée à son séjour au Laos, où il aura une mission d’ordre géographique, puis sera commissaire gouvernemental. C’est dans cette partie que la correspondance est la plus incomplète.
J’ai décelé au fil des pages, un jeune officier posé, loin des clichés habituels de l’armée coloniale. Les conditions de vie sont précaires, l’officier est un home polyvalent, pouvant être ingénieur, vaccinateur, géographe etc., etc.
J’y ai vu un être d’une grande humanité,intègre, prenant le temps de comprendre les populations indigènes (terme utilisé tel quel dans le texte, qui était celui de l’époque, et qui pour moi n’a aucun caractère péjoratif, en tout cas tel qu’il est utilisé dans ce livre là).
J’ai apprécié cette lecture, un brin décalé dans le temps et dans l’espace ; j’ai aimé me délester le temps d’une centaine de pages du confort moderne pour un retour à un peu plus de rusticité et d’exotisme. J’aurais, en revanche, apprécié la présence d'une carte géographique de l'époque: les frontières ont parfois changé depuis, et certaines villes ont été rebaptisées. Le lecteur non averti peut facilement s'y perdre.
Je remercie, pour cela les éditions Dubuisson, et Bob, qui me l’ont permise.
Lucien de Reinach-Edition Dubuisson-143 pages
« Si courte qu'elle ait été, la vie de Lucien de Reinach est un bel exemple pour ceux qui voient dans le service de la patrie le plus rigoureux des devoirs en même temps que la source la plus féconde de satisfactions et de consolations. Arrivé à l'âge où l’on se décide a suivre une carrière, Lucien de Reinach pouvait, à raison des ; études consciencieuses qu'il avait faites et de sa situation de famille, choisir sa voie. Il n'hésita pas à marquer sa préférence pour le métier des armes. II entra donc à Saint-Cyr le 1er octobre 1885 à l'âge de 21 ans, en sortit le 1er octobre 1887, suivit pendant une année les cours de l'Ecole d'application de cavalerie, et fut nommé, à sa sortit de Saumur, sous-lieutenant au 190 Chasseurs. Promu lieutenant au 2e Hussards le 1er juillet 1891, il se donna tout entier à son métier, publia en 1 892'la traduction d'une étude allemande sur Le Passage des cours if eau par la cavalerie et en 1893 se présenta à l'Ecole de Guerre, où, après avoir été admissible il n'échoua que de quelques points. Par décision ministérielle du 23 mars 1893, il fut mis à la disposition de M. de Lancssan, Gouverneur général de l'Indochine, et s'embarqua le 27 avril pour le Tonkin. Mais quatre années passées au Laos avaient altéré sa santé. I1 dut demander un congé qu'il vint passer en France. Mais quatre années passées au Laos avaient altéré sa santé. I1 dut demander un congé qu'il vint passer en France. » J. CHARLES-ROUX, Président de l'Union Coloniale Française et de la Fondation Lucien de Reinach.

J'intègre cette lecture dans le cadre du challenge épistolaire d'Anne Sophie.


mercredi 16 mars 2011

Gibier d'élevage





En pleine guerre, un avion américain s'écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir... Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n'en font pas un étranger ou un ennemi, mais une simple bête dont il faut s'occuper.
Où finit la bêtise, où commence la haine de l’autre ? Est-ce l’ignorance, ou bien le mal ancré au fond des personnes qui conduisent à ces faits là ?
L’auteur donne la parole à deux frères dont « Crapaud » et un de leurs amis « Bec de lièvre » qui dans la campagne japonaise, au milieu de la forêt, dans un pays en guerre, voient pour la première fois de leur vie, un Noir, ennemi de surcroit parce qu’américain…..
« Les ennemis qu’elle tête peuvent-ils bien avoir ? »
« C’est un Noir, un Noir ! Pas un ennemi ! » A la limite, c’est encore pire …..
« C’est une bête, rien qu’une bête, dit mon père avec gravité. Il pue comme un bœuf »
Voilà à fond toute l’essence de cette petite mais très dense nouvelle. Comment éduquons-nous nos enfants, comment les plaçons nous devant l’autre qui n’est pas comme nous ? Comment l’ignorance des parents conduit irrémédiablement à l’ignorance des enfants dans une société fermée à toute autre culture à l’époque où se situe l’histoire ?Même si ces enfants apprendrons à apprivoiser ce pauvre homme de couleur, ramené au rang de bête, même s’ils tous surpris, se rendent compte qu’il est bâti come eux, et même mieux (avec à ce sujet un passage croustillant que je ne dévoilerai pas !!), le mal est fait.
Cette histoire se passe il y a longtemps, et pourtant, et pourtant……de nos jours, elle serait encore bien actuelle.
Ce livre est court, et comme souvent en littérature japonaise, ce n’est pas forcément le plus accessible. On ne lit pas cela comme on lit un roman de plage. L’écriture est belle, prenante.
Je n’avais pas forcément prévu de lire cet auteur ; il était mis en valeur à la médiathèque, et je me suis dit :pourquoi pas ? Sans regret.
Kenzaburô Ôé-Folio n°3752-105 pages
Ecrivain japonais né en 1935, Kenzaburô Ôé grandit sur l'île méridionale de Shikoku, qui sera le décor principal de son œuvre romanesque, puis fait des études de littérature française. Dès la fin des années 1950, il publie ses premières nouvelles et c'est en 1964, avec 'Une affaire personnelle', qu'il connaît son premier grand succès. Tout en écrivant de nombreux romans et nouvelles, il est critique littéraire, spécialiste de William Blake, Malcolm Lowry et Dante. Son œuvre est orientée vers l'engagement politique de gauche et l'analyse psychologique. Le génie de Kenzaburô Ôé consiste à concilier, dans un style original, un certain naturalisme, des fragments autobiographiques, une réflexion sociologique et historique et une imagination inégalée par les auteurs japonais modernes. En 1989, il reçoit le prix Europalia et, en 1994, le prix Nobel de littérature, signes d'une reconnaissance internationale.

challenge des Nobel n°7

mardi 15 mars 2011

Un alligator nommé Rosa




Un coin perdu du sud de la France, entre la mer et la montagne. Antoine, nouveau garde-malade, vient au chevet de Rosa, vieille femme fatiguée, usée par la vie. Dans un paysage idyllique, c’est pourtant Haïti qui est au cœur de ce roman où les dialogues prennent des allures de soliloques et où les procès n’ont pas lieu devant un jury. Implacablement, Marie-Célie provoque des rencontres entre un bourreau et sa victime, entre une femme et un homme, un tête-à-tête d’où personne ne sortira indemne. Des années après la mort du dictateur, les blessures sont toujours aussi vives. Pour les panser, certains ont choisi l’exil, d’autres, l’oubli. Chaque fois, il faut partir, partir pour un ailleurs qui est souvent soi. Mais la mémoire veille, brûlante. Alors, il faut parler, dire la douleur, retrouver les mots. C’est ce que fera Antoine, espérant enfin trouver la paix au terme d’une longue errance.
Je remercie Bob et les éditions vents d’ailleurs pour la découverte de cet auteur et de son livre, ainsi que de cette maison d’édition.
Les premiers mots qui me viennent pour qualifier cette lecture sont pesanteur, gravité. Tout est lourd et grave dans cette histoire, et ce dès le départ. Ce livre, malgré sont faible nombre de pages, ne se lit pas d’une traite ; au contraire, il faut digérer, assimiler, et se libérer de ce qu’on lit.
Bien qu’il s’agisse d’une fiction, le lecteur sent bien tout le vécu de l’auteur, au travers de cette histoire, qui, hélas, prend appui sur les heures sombres d’Haïti, et de ses abominables dirigeants.
Je connaissais assez mal, dans le détail si je puis m’exprimer ainsi, cette période concernant la présidence des Duvalier. Ce livre aura eu le mérite de m’éclairer davantage à ce sujet.
Bien que la haine, le ressentiment, la douleur du vécu soient présents à chaque page de ce livre, ce qui explique la lourdeur et la gravité que je lui attribue, l’auteur a su rester sobre dans ses descriptions. C’est au travers du style, d’un vocabulaire imagé et sans concession et d’un texte assez compact, et ce malgré des chapitres relativement courts et réguliers, qu’elle a su donner à son ouvrage toute la gravité qu’il convient à cette période, sans parvenir à quelque chose de glauque.
« N’ouvre pas tant la bouche, c’est très vilain et tu m’effraies. Je n’aime pas voir cet affreux dentier. Cela me fait penser à un crocodile, non, à un alligator ! On le prétend plus cruel. »
Marie-Célie Agnant-Vents d'ailleurs-192 pages
Romancière, poète, nouvelliste et conteuse, Marie-Célie Agnant est née en Haïti et vit au Québec depuis 1970. Elle est une écrivaine attentive au monde qui l’entoure et écrits des textes qui reflètent cet engagement. Très active sur la scène littéraire québécoise, elle connaît également une grande carrière internationale avec des traductions de ses textes vers l’espagnol, l’anglais, le néerlandais, le coréen. Depuis 1994, elle a publié une dizaine d’ouvrages parmi lesquels La Dot de Sara, Le Silence comme le sang, Le Livre d’Emma. Un alligator nommé Rosa a paru à Montréal aux éditions remue-ménage en 2008. Plusieurs de ses textes, Alexis d’Haïti ; Alexis, fils de Raphaël, La Légende du poisson amoureux, sont destinés à la jeunesse.

samedi 12 mars 2011

Même le silence a une fin


« Enchaînée par le cou à un arbre, privée de toute liberté, celle de bouger, de s'asseoir, de se lever ; celle de parler ou de se taire ; celle de boire ou de manger ; et même la plus élémentaire, celle d'assouvir les besoins de son corps... J'ai pris conscience – après de longues années – que l'on garde tout de même la plus précieuse de toutes, la liberté que personne ne peut jamais vous ôter : celle de décider qui l'on veut être. »
Même le silence a une fin raconte les six ans et demi de captivité d'Ingrid Betancourt dans la jungle colombienne aux mains des FARC. Récit intime d'une aventure qui ne ressemble à aucune autre, voyage hanté, palpitant du début à la fin, c'est aussi une méditation sur la condition des damnés – et sur ce qui fonde la nature humaine.
« Je comprenais maintenant que la vie nous remplissait de provisions pour nos traversées du désert. »
J’ai abordé ce livre avec devant les yeux deux images, l’une d’Ingrid Betancourt que le piéton nancéen ne pouvait ne pas voir tant son visage était omniprésent à l’hôtel de ville, l’autre d’une femme recouvrant la liberté et se signant à même le sol. Les deux images ne m’ont pas quittée tout au long des 700 pages. Je sais encore précisément où et avec qui j’étais, et qui me l’annoncé lorsqu’elle fut, enfin libérée. En rentrant chez moi, vite, pour voir, je me suis dit tout au long du trajet, et moi, qu’aurais-je fait, aurais-je supporté 6 ans et demi de captivité, moi pour qui le mot liberté est le plus beau mot qui puisse exister ?
J’ai hésité à lire ce livre ; il est épais, écrit en petits caractères. Une lecture commune ayant pour cadre la Colombie m’a fait franchir le pas. Et je ne le regrette absolument pas. D’autant plus qu’Ingrid Betancourt est venue chez moi, parler de son expérience. Ce fut un crève cœur de ne pouvoir y assister, mais elle a eu la gentillesse d’un petit mot sur mon livre grâce aux bons soins de Madame Rossinot.
Ce récit est d’une rare dignité: autant dans le style, que dans les réflexions qu’elle nous livre. Il est écrit dans un français admirable ; langue qui lui est venue spontanément lors de la rédaction de ces pages.
Ingrid Betancourt choisit de plonger directement son lecteur dans l’enfer de la jungle colombienne en racontant sa quatrième tentative d’évasion, il y en aura 5 au total, et les conséquences que cela aura sur la suite de sa détention. Je lirai ce livre comme un récit d’aventures sans pouvoir le laisser ; et bien que le dénouement fût connu, je me dirigeais vers cette fin haletante digne d’un polar au suspense intenable. Ce premier chapitre montre d’emblée la détermination de l’auteur à sortir coûte que coûte de cet enfer.
Ce récit se compose de 82 chapitres, qui hormis les deux premiers sont à la fois chronologiques et thématiques. Les chapitres sont courts ; l’écriture y est élaborée, ciselée, et, d’une infinie pudeur. Malgré le désarroi, la captivité, le découragement, le texte maintient une grande retenue tout au long du livre. Est- ce que cela tient à la nature même du personnage, ou à la distance dans le temps par rapports aux faits ? Un peu des deux sans aucun doute.
De sa relation avec Clara, son assistante, avec laquelle elle fut enlevée, Ingrid Betancourt ne fait pas un grand étalage. Décrite comme quelqu’un d’assez peureux et soumis, elle assez peu présente dans ce récit. Les relations entre les deux femmes se sont détériorées, l’auteur ne s’en cache pas, mais reste courtoise et bienveillante.
La famille occupera une place proéminente. Son père, d’abord qu’elle aura la douleur de perdre en captivité, et dont elle apprendra le décès dans une feuille de journal laissée là par hasard pour mieux l’atteindre. C’est l’amour pour ses enfants et sa mère qui la teindront debout tout au long de ses 6 années de captivité grâce à la radio que les otages peuvent écouter, et qui pour eux sera la seule fenêtre ouverte sur le monde. Dans ses moments de désespoir : « je revenais donc à l’essentiel : j’étais mère avant tout. »
L’autre béquille sur laquelle Ingrid Betancourt se reposera est sans conteste sa foi inébranlable. Rares sont les livres qui lui seront permis, à part une Bible et un dictionnaire.
« Dans l’ennui qui était le mien, le lisais et je tissais. On m’avait donné une grosse Bible avec des cartes et des illustrations à la fin. Aurais-je pu découvrir les richesses de ce texte autrement que poussée par le désœuvrement et la lassitude ? Je crains que non. »
C’est sans aucun doute cela , aussi qui lui permis plus vite de pardonner, et d’écarter toute idée de vengeance.
Des FARC, nous apprenons la violence, le cynisme, la cruauté.
« Nous, dans les FARC, on est écolo ! On ne tue pas, on exécute ! » »Pauvre femme, elle sortira quand elle aura les cheveux jusqu’aux talons. »
« Ces monstres ont accepté que je m’occupe de vous parce qu’ils ont besoin d’une preuve de survie » lui dit un infirmier militaire, captif comme elle.
Les insultes, les brimades, les humiliations, les privations sont monnaie courante. Elle passera de longs moments la chaine au cou attachée à un arbre.
« Ils se ruèrent vers moi, me tordant les bras pendant que des mains aveugles me tiraient par les cheveux en arrière et m’enroulaient la chaine métallique autour du cou »
« La chaine se fut lourde et brûlante à porter. Je me rappelais trop combien j’étais vulnérable. »
La vie quotidienne en captivité est un élément central dans ce récit. Une vie, qui se déroule en permanence au vu et su de tout le monde, en milieu hostile, au milieu d’une faune repoussante. Chacun est sous le regard de l’autre, l’intimité n’existe plus, l’humain est bafoué. L’adaptation est nécessaire. La vie ensemble engendre des difficultés relationnelles, des discordes. Les dissensions arrangent bien les geôliers. « Diviser pour mieux régner. »
La promiscuité rend les rapports humains belliqueux.
« Les femmes étaient des cibles faciles » Avec infiniment de tact et de pudeur, en quatre lignes dignes et magnifiques Ingrid Betancourt parlera d’un viol ; pas besoin d’en dire plus, tout est dit, le lecteur a compris, serre les dents, voudrait les jeter tous à la rivière. Elle est seule face à tout ça……
Les barbares vont jusqu’à attribuer des numéros à leurs otage, pour mieux les rabaisser ; Ingrid résiste, s’accroche.
« Si le mot dignité avait un sens, alors il est impossible que l’on accepte de se numéroter. »
Je pourrais continuer ainsi à détailler, avec exemples à l’appui l’enfer de la captivité. Mais ce serait injuste à l’égard de l’auteur, que ne pas parler de ses moments de bonheur .Chaque occasion a été pour elle une façon de déceler une parcelle de lumière, et de se créer, autant qu’il lui était possible de le faire des moments de joie : la voix de ses enfants, et de sa mère qui lui parvenaient, les gâteaux qu’on lui permettait de confectionner à l’occasion de l’anniversaire de ses enfants, les rares livres qui parvenaient dans les nombreux camps où elle et ses compagnons d’infortune ont séjourné, ces quelques jours de liberté retrouvée au moment de sa cinquième tentative d’évasion, ses amitiés fortes avec quelques uns de ses compagnons comme Lucho, Marc.
J’ai découvert tout au long de cette lecture une personnalité complexe, aussi éloignée de la Sainte qu’on a voulu en faire lors de sa détention que de la garce et égoïste que certains ont décrite. J’ai découverte une personne humaine, tout simplement ; consciente de ses forces et de ses faiblesses.Parce qu’après tout, à sa place qu’aurais-je fait ? Comment me serais-je comportée ?
Ce livre est un coup de cœur pour la force, la dignité et l’humanité qu’il dégage.
Ce livre est un coup de cœur pour le témoignage qu’il représente.
Ce livre m’a remuée, interpellée.
Ce livre est à lire, tout simplement.
Ingrid Betancourt-Gallimard-590 pages

Née à Bogota le 25 décembre 1961
C'est entre Bogota et Paris, où son père est ambassadeur de Colombie à l'Unesco, que grandit Ingrid Betancourt. Après de brillantes études en sciences politiques à Paris, elle épouse un diplomate français. De retour en Colombie, elle est engagée au ministère des Finances à l'âge de 29 ans. Députée et sénateur, elle lutte contre la corruption et le trafic de cocaïne qui dévastent ce pays miné par plus de quarante ans de guerre civile, et dénonce les dirigeants compromis avec la mafia. Le projet de cette femme politique déterminée et courageuse : assainir le pays le plus corrompu d'Amérique latine. En 1998, elle crée son parti, Oxygeno. Candidate écologiste aux élections présidentielles, Ingrid Betancourt est enlevée par les FARC - forces armées révolutionnaires de Colombie -, principale guérilla de Colombie avec plus de 17.000 hommes, inscrite par l'Union européenne et les Etats-Unis sur la liste des organisations terroristes, sur une route au sud de Bogota, le 23 février 2002. Le 2 juillet 2008, alors que rien ne l'annonce, Ingrid Betancourt est libérée suite à une infiltration de l'armée colombienne au sein des FARC. L'otage franco-colombienne sort de la jungle après plus de six années de captivité, en même temps que trois otages américains et onze militaires colombiens

Lecture dans le cadre de Destination Colombie avec Evertkhorus


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Lexounet-Frankie-
Lynnae
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